Avoir du mal à ressentir de l’enthousiasme même pour des projets choisis : un coach peut-il aider ?

Choisir un projet en conscience, y réfléchir longuement, puis constater que l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous peut être déroutant. On se demande alors ce qui ne va pas : manque de motivation, erreur de choix, fatigue passagère ? Lorsque cette absence d’élan devient récurrente, même pour des projets désirés, la question d’un accompagnement mérite d’être posée.

Quand l’enthousiasme ne suit pas le choix

Choisir ne garantit pas l’élan

On associe souvent le fait de choisir à celui d’être enthousiaste. Comme si une décision alignée devait naturellement s’accompagner d’énergie, d’envie, d’excitation. Or, la réalité est plus nuancée.

Il est possible de choisir un projet pertinent, cohérent avec ses valeurs, et de ne pas ressentir pour autant d’élan immédiat. Cela ne signifie pas que le choix est mauvais. Cela peut indiquer que quelque chose d’autre est à l’œuvre : fatigue accumulée, pression intérieure, attentes irréalistes ou déconnexion plus profonde de ses ressentis.

Le malaise discret de l’enthousiasme absent

L’absence d’enthousiasme est souvent vécue avec culpabilité. « Je devrais être content », « j’ai tout pour être motivé », « d’autres aimeraient être à ma place ». Ce discours intérieur accentue le malaise et empêche d’explorer ce qui se passe réellement.

On continue alors par devoir, par logique ou par loyauté envers sa décision, tout en sentant un décalage croissant entre ce que l’on fait et ce que l’on ressent.

Ce que l’absence d’enthousiasme peut révéler

Un rapport exigeant à soi-même

Chez certaines personnes, l’enthousiasme est devenu une injonction. Un projet devrait être porté avec passion, énergie et détermination constantes. Or, cette exigence laisse peu de place aux fluctuations naturelles de l’élan.

Lorsque l’enthousiasme n’est pas là, la personne se juge : elle se pense ingrate, instable ou peu fiable. Cette auto-critique épuise davantage que l’absence d’enthousiasme elle-même.

Une fatigue plus profonde qu’on ne le pense

Il arrive que l’absence d’élan ne soit pas liée au projet, mais à l’état intérieur global. Une fatigue ancienne, une surcharge mentale prolongée ou une succession d’adaptations peuvent avoir émoussé la capacité à ressentir de l’enthousiasme.

Dans ce cas, attendre qu’un projet « réveille » l’énergie peut être illusoire. Le problème n’est pas le manque de stimulation, mais le manque de récupération ou de reconnexion à soi.

En quoi le coaching peut-il être aidant ?

Le coaching ne cherche pas à créer de l’enthousiasme artificiel

Un accompagnement sérieux ne vise pas à « rebooster » la motivation à tout prix. Chercher à provoquer l’enthousiasme peut renforcer la pression intérieure et aggraver le découragement.

Le coaching adopte une posture différente : il s’intéresse à l’absence d’enthousiasme comme à une information. Que dit-elle de votre rapport au projet ? De votre rythme actuel ? De vos attentes envers vous-même ?

Explorer ces questions permet de sortir du jugement et d’entrer dans la compréhension.

Créer un espace pour écouter ce qui est réellement présent

Lorsque l’enthousiasme est absent, autre chose est souvent là : lassitude, prudence, ambivalence, peur de l’échec, besoin de lenteur. Le coaching offre un espace pour accueillir ces états sans chercher à les corriger immédiatement.

Pouvoir dire « je n’ai pas d’élan » sans devoir justifier ou réparer ouvre souvent la voie à une écoute plus fine de soi.

Ce que le coaching travaille concrètement

Clarifier le décalage entre désir et projection

Un projet choisi peut être porté davantage par une projection mentale que par un désir vivant. Il correspond à ce qui semble juste, cohérent ou valorisant, mais pas nécessairement à ce qui mobilise intérieurement à ce moment précis.

Le coaching aide à distinguer :

  • ce que l’on a envie de vouloir
  • ce que l’on croit devoir vouloir
  • ce qui est réellement vivant aujourd’hui

Cette clarification permet parfois d’ajuster le projet, sans forcément l’abandonner.

Explorer la relation à l’engagement

Chez certaines personnes, l’enthousiasme chute dès que l’engagement devient réel. Le passage de l’idée à la mise en œuvre active peut réveiller des peurs : perdre sa liberté, échouer, être jugé, s’enfermer dans un choix.

Le coaching accompagne l’exploration de ces peurs, non pour les éliminer, mais pour comprendre leur impact sur l’élan. L’enthousiasme n’est alors plus attendu comme une condition préalable, mais comme une possible conséquence d’un engagement plus ajusté.

Redéfinir ce qu’est un « bon » rapport à un projet

Sortir du mythe de la motivation constante

Le coaching aide souvent à déconstruire une croyance tenace : un projet valable devrait être porté par une motivation stable et élevée. En réalité, l’élan fluctue, surtout dans des projets de fond.

Apprendre à avancer sans enthousiasme permanent, mais avec clarté et cohérence, peut être profondément libérateur. Le projet cesse d’être évalué à l’aune de l’émotion du moment.

Faire de la place à une énergie plus discrète

L’enthousiasme n’est pas la seule forme d’énergie. Il existe aussi :

  • une curiosité tranquille
  • un intérêt mesuré
  • un sentiment de justesse sans exaltation

Le coaching aide à reconnaître ces formes d’énergie plus sobres, souvent ignorées mais tout aussi porteuses sur la durée.

Les limites du coaching dans ce contexte

Le coaching ne promet pas le retour de la passion

Un coach ne peut pas garantir que l’enthousiasme reviendra, ni qu’il sera intense. L’accompagnement vise une relation plus juste à ses projets, pas un état émotionnel particulier.

Parfois, l’absence d’enthousiasme conduit à un ajustement du projet. Parfois, elle conduit à une manière différente de le vivre. Dans tous les cas, le processus reste ouvert.

Il ne remplace pas un accompagnement thérapeutique si nécessaire

Si l’absence d’enthousiasme est globale, durable et associée à une perte marquée de plaisir ou à une souffrance psychique importante, un accompagnement thérapeutique peut être plus adapté. Le coaching respecte ces limites.

Quand l’accompagnement est-il particulièrement pertinent ?

Un accompagnement peut être utile lorsque :

  • l’enthousiasme est absent même pour des projets choisis
  • le décalage entre décision et ressenti génère de la culpabilité
  • l’élan ne revient jamais malgré des changements de projets
  • le besoin de comprendre ce qui se passe intérieurement devient pressant

Dans ces situations, continuer seul peut renforcer la confusion.

Retrouver une relation plus honnête à ses projets

Avoir du mal à ressentir de l’enthousiasme même pour des projets choisis n’est pas un signe d’erreur ou d’échec personnel. C’est souvent une invitation à revisiter son rapport à l’engagement, à l’énergie et aux attentes que l’on place sur soi.

Le coaching peut aider non pas à forcer l’enthousiasme, mais à restaurer une relation plus honnête et plus souple à ses projets. Une relation où l’on avance non pas porté par l’excitation permanente, mais guidé par la justesse, la lucidité et le respect de son rythme.

Parfois, l’élan revient. Parfois, il change de forme. Dans tous les cas, être accompagné permet de ne plus confondre absence d’enthousiasme et absence de sens.

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