Dire oui trop vite, trop souvent, puis se sentir frustré, épuisé ou en colère contre soi-même est une expérience plus répandue qu’on ne le pense. Ce fonctionnement peut s’installer discrètement, jusqu’à devenir un réflexe difficile à remettre en question. Dans ce contexte, le coaching peut-il réellement aider à sortir de ce cycle du « oui automatique » suivi du regret ? Oui, à condition de comprendre ce qui se joue derrière ces réponses répétées.
Dire oui à tout : un problème de comportement ou de relation à soi ?
Pourquoi dit-on oui quand on pense non ?
Dire oui alors qu’une partie de soi voudrait refuser n’est jamais un hasard. Ce n’est pas simplement un manque d’affirmation ou de courage. Derrière ce mécanisme se cachent souvent des enjeux plus profonds : peur de décevoir, besoin d’être apprécié, crainte du conflit, difficulté à reconnaître ses propres limites.
Le « oui » devient alors une stratégie relationnelle. Il protège d’un inconfort immédiat – malaise, tension, regard de l’autre – mais crée un inconfort différé : surcharge, ressentiment, perte d’estime de soi.
Quand le regret s’installe après coup
Le regret qui suit n’est pas seulement lié à la situation acceptée, mais au sentiment de s’être trahi. On se reproche de ne pas avoir su dire non, de ne pas s’être respecté, et ce jugement intérieur renforce encore le cycle.
Avec le temps, cette dynamique peut générer une fatigue profonde, une impression de ne plus avoir de place pour soi, voire une colère silencieuse envers les autres… alors que le choix initial venait de soi.
En quoi le coaching peut être pertinent dans cette situation
Le coaching ne commence pas par apprendre à dire non
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le coaching ne se résume pas à enseigner des techniques d’assertivité ou des phrases toutes faites pour refuser. Apprendre à dire non sans comprendre pourquoi on dit oui mène rarement à un changement durable.
Le coaching commence par une exploration : dans quelles situations dites-vous oui ? À qui ? À quoi exactement ? Qu’est-ce que vous cherchez à préserver ou à éviter à ce moment-là ? Cette compréhension est essentielle pour sortir du schéma, plutôt que de le combattre frontalement.
Mettre en lumière le coût du « oui automatique »
Dire oui a un coût, souvent invisible sur le moment. Le coaching aide à rendre ce coût plus conscient : fatigue accumulée, temps personnel réduit, tensions internes, perte de clarté sur ses priorités.
Ce travail ne vise pas à culpabiliser, mais à rééquilibrer la décision. Tant que le prix payé reste flou, le mécanisme se maintient. Lorsqu’il devient clair, de nouveaux choix deviennent possibles.
Ce que le coach accompagne concrètement
Revenir au moment clé : avant le oui
Le coaching s’intéresse rarement uniquement au regret après coup. Il se concentre sur l’instant juste avant la réponse. Que se passe-t-il intérieurement à ce moment-là ? Quelles pensées surgissent ? Quelles émotions apparaissent ?
Souvent, ce sont des phrases internes comme :
- « ce n’est pas si grave »
- « je peux bien faire un effort »
- « ce serait mal vu de refuser »
Identifier ces automatismes permet de créer un espace de choix là où il n’y avait qu’un réflexe.
Clarifier ses limites réelles
Beaucoup de personnes disent oui parce qu’elles ne savent pas clairement où sont leurs limites. Elles sentent qu’elles sont dépassées… une fois que c’est trop tard.
Le coaching aide à repérer les signaux précurseurs :
- fatigue avant même d’accepter
- irritation diffuse
- sensation de contraction ou de pression
Apprendre à reconnaître ces signaux permet de se positionner plus tôt, avant que le non devienne une explosion ou un retrait brutal.
Explorer la peur derrière le non
Dire non n’est pas neutre. Cela active souvent des peurs très anciennes : être rejeté, être perçu comme égoïste, perdre sa valeur aux yeux des autres.
Le coaching offre un espace pour explorer ces peurs sans les dramatiser. Sont-elles toujours fondées aujourd’hui ? À quoi correspondent-elles réellement ? Que se passerait-il, concrètement, si vous disiez non dans certaines situations ?
Ce travail permet de désamorcer la charge émotionnelle associée au refus.
Ce que le coaching ne fait pas
Il ne transforme pas quelqu’un en personne « dure » ou fermée
Apprendre à dire non ne signifie pas devenir rigide, égoïste ou indifférent aux autres. Le coaching ne vise pas à opposer un non systématique à un oui automatique.
Il s’agit plutôt de retrouver un choix conscient : parfois oui, parfois non, en fonction de ses capacités réelles et de ce qui est juste pour soi à ce moment-là.
Il ne garantit pas l’absence d’inconfort
Dire non peut rester inconfortable, même avec de la clarté. Le coaching ne supprime pas cette part d’inconfort, mais il aide à la rendre tolérable et cohérente avec ses valeurs.
Il vaut souvent mieux un inconfort ponctuel que le regret durable de s’être encore une fois oublié.
Les effets progressifs d’un tel accompagnement
Des réponses plus nuancées
Avec le temps, la personne accompagnée découvre qu’entre le oui total et le non brutal, il existe des alternatives : demander un délai, poser des conditions, proposer une autre forme de réponse.
Ces ajustements redonnent de la souplesse dans les relations, sans renoncer à soi.
Une diminution du regret et de la rancœur
Lorsque les décisions sont prises avec plus de conscience, le regret diminue naturellement. Même un oui exigeant est mieux vécu lorsqu’il est choisi plutôt que subi.
La rancœur envers les autres laisse alors place à une responsabilité plus juste : reconnaître sa part de choix sans se juger.
Quand le coaching est particulièrement utile dans ce cas
Un accompagnement peut être pertinent lorsque :
- le oui automatique est présent depuis longtemps
- le regret et la frustration deviennent récurrents
- les relations commencent à en pâtir
- la fatigue mentale s’installe durablement
Dans ces situations, le coaching permet de ne plus réduire le problème à un simple manque d’affirmation.
Dire non comme acte de respect, pas de rupture
Le coaching peut aider lorsqu’on dit oui à tout et qu’on le regrette ensuite, non pas en imposant un nouveau comportement, mais en transformant la relation à soi et aux autres. Dire non devient alors moins un rejet qu’un acte de respect : respect de ses limites, de son énergie, de sa vérité du moment.
Ce changement ne se fait pas du jour au lendemain. Il s’installe progressivement, à mesure que la personne apprend à s’écouter plus finement et à se positionner avec plus de justesse. Ce n’est pas une révolution spectaculaire, mais une réappropriation essentielle de sa capacité à choisir.