Avoir l’impression d’être constamment “sur le qui-vive” : l’accompagnement est-il indiqué ?

Vivre avec la sensation d’être toujours en alerte, comme si quelque chose pouvait arriver à tout moment, est épuisant. Le corps est tendu, l’esprit anticipe, le repos peine à s’installer. Cette vigilance permanente peut sembler « normale » quand elle dure depuis longtemps, au point de passer inaperçue. Pourtant, lorsqu’on a l’impression d’être constamment sur le qui-vive, la question de l’accompagnement mérite d’être posée.

Être sur le qui-vive : de quoi parle-t-on vraiment ?

Une vigilance qui ne s’éteint jamais vraiment

Être sur le qui-vive ne signifie pas forcément vivre une peur identifiable. Il s’agit souvent d’un état diffus : difficulté à se détendre, attention constamment tournée vers l’extérieur, anticipation des problèmes avant qu’ils ne surviennent.

Même dans des moments objectivement calmes, quelque chose reste en tension. Le corps ne se pose pas complètement, l’esprit scanne, évalue, se prépare. Cette vigilance peut devenir un mode de fonctionnement automatique.

Quand cet état devient invisible pour soi-même

Avec le temps, cet état d’alerte peut être intégré comme « normal ». On s’y adapte, on continue à fonctionner, parfois efficacement en apparence. C’est souvent l’épuisement, l’irritabilité ou la difficulté à récupérer qui finissent par alerter.

On peut alors se dire : « je suis juste stressé », « c’est mon caractère », « je suis quelqu’un d’anticipateur ». Ces explications ne sont pas fausses, mais elles peuvent masquer un coût intérieur important.

D’où vient cette hypervigilance permanente ?

Une adaptation qui a été utile à un moment donné

Être sur le qui-vive est rarement un hasard. C’est souvent une stratégie développée dans un contexte précis : environnement imprévisible, responsabilités élevées, pression relationnelle, périodes d’instabilité répétées.

À un moment donné, cette vigilance a pu être utile, voire nécessaire. Elle a permis de tenir, de s’adapter, de garder le contrôle. Le problème n’est pas son existence, mais le fait qu’elle continue à fonctionner alors que le contexte a changé.

Quand le corps n’a pas reçu le signal que le danger est passé

Même lorsque la situation extérieure s’apaise, le corps et le système nerveux peuvent rester en mode alerte. L’esprit le sait peut-être, mais le corps ne l’a pas intégré.

C’est souvent là que le décalage se crée : « tout va bien, mais je ne me sens pas tranquille ». Cette incohérence est déroutante et parfois culpabilisante.

En quoi l’accompagnement peut-il être pertinent ?

Le coaching ne cherche pas à faire “baisser la vigilance” à tout prix

Un accompagnement en coaching ne commence pas par l’objectif de supprimer l’état d’alerte. Chercher à se détendre coûte que coûte peut renforcer la tension : plus on veut se relâcher, plus on se surveille.

Le coaching adopte une autre posture. Il s’intéresse au sens de cette vigilance : à quoi sert-elle encore ? Que protège-t-elle ? Que craint-elle qu’il arrive si elle lâche ?

Cette exploration respectueuse change profondément la relation à cet état.

Mettre de la conscience là où il y a de l’automatisme

Être sur le qui-vive est souvent un réflexe inconscient. Le coaching aide à rendre ce réflexe visible, sans le juger.

En séance, la personne peut observer :

  • dans quelles situations la vigilance s’intensifie
  • quels types de pensées l’accompagnent
  • comment le corps réagit concrètement (respiration, tensions, agitation)

Cette mise en conscience est un premier pas essentiel pour sortir du pilotage automatique.

Ce que le coaching travaille concrètement

Revenir à la distinction entre menace réelle et menace anticipée

Une vigilance constante brouille souvent la frontière entre ce qui est réellement en jeu et ce qui est anticipé. Tout semble potentiellement problématique, même sans signal concret.

Le coaching aide à clarifier :

  • ce qui relève d’un danger réel, présent
  • ce qui relève d’une projection
  • ce qui appartient à des expériences passées encore actives intérieurement

Cette clarification ne fait pas disparaître la vigilance, mais elle la rend plus proportionnée.

Redéfinir ce qui est sous contrôle… et ce qui ne l’est pas

L’hypervigilance est souvent liée à une tentative de tout maîtriser. Le mental reste en alerte pour éviter l’imprévu, l’erreur ou la perte de contrôle.

En coaching, la personne explore ce qui dépend réellement d’elle et ce qui échappe à son contrôle. Ce travail n’est pas théorique : il touche à la manière dont on se positionne face aux autres, aux responsabilités et aux attentes.

Relâcher certaines responsabilités intérieures peut alléger significativement la tension.

Être sur le qui-vive n’est pas un défaut à corriger

Une posture qui mérite d’être comprise

Le coaching ne considère pas cette vigilance comme un problème à éliminer. Il la voit comme une information sur le rapport au monde, à la sécurité, à la confiance.

En comprenant ce qui maintient cet état, la personne peut commencer à faire des choix plus ajustés : quand rester vigilant, quand se permettre de relâcher.

Cette nuance est essentielle. Il ne s’agit pas de devenir insouciant, mais de retrouver une capacité à moduler son niveau d’alerte.

Retrouver des moments de repos réel

Avec le temps, un accompagnement permet souvent de réintroduire des moments où le corps et l’esprit peuvent réellement se poser. Pas de manière forcée, mais parce que la vigilance n’est plus nécessaire partout, tout le temps.

Ces moments de repos sont souvent progressifs, fragiles au début, mais profondément réparateurs.

Les limites de l’accompagnement en coaching

Le coaching ne traite pas les troubles anxieux

Si l’état de vigilance est extrême, accompagné de crises d’angoisse, de panique ou de symptômes physiques importants, un accompagnement thérapeutique peut être plus adapté. Le coaching ne se substitue pas à un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.

Un coach responsable sait reconnaître ces situations et proposer une orientation appropriée.

L’engagement personnel reste central

L’accompagnement ne « enlève » pas l’état de vigilance. Il accompagne une transformation de la relation à celui-ci. Cela demande du temps, de l’observation et une implication sincère dans le processus.

Il n’y a pas de raccourci, mais un chemin progressif vers plus de sécurité intérieure.

Quand se poser sérieusement la question de l’accompagnement ?

Un accompagnement peut être pertinent lorsque :

  • la sensation d’être sur le qui-vive est quasi permanente
  • la détente semble impossible, même dans des moments calmes
  • la fatigue mentale et corporelle s’installe durablement
  • l’on a du mal à identifier ce qui déclenche réellement cette vigilance

Dans ces cas, ne pas rester seul avec cet état peut faire une réelle différence.

Passer de l’alerte permanente à une vigilance choisie

Avoir l’impression d’être constamment sur le qui-vive n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent la trace d’une grande capacité d’adaptation, qui n’a pas encore trouvé le moment de se reposer.

L’accompagnement peut être indiqué pour comprendre cette posture, en respecter l’intelligence, et permettre peu à peu un relâchement plus juste. Non pas en forçant le calme, mais en réintroduisant de la sécurité intérieure là où l’alerte s’est installée par habitude.

Il ne s’agit pas de baisser la garde, mais d’apprendre à la poser quand elle n’est plus nécessaire.

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