Le coaching est-il utile quand on a du mal à apprécier ce que l’on fait déjà ?

Il arrive de mener une vie objectivement “correcte” – parfois même réussie – tout en éprouvant une difficulté persistante à en apprécier les aspects positifs. Les projets avancent, les responsabilités sont assumées, les objectifs sont atteints… mais la satisfaction ne s’installe pas durablement. Cette expérience est plus fréquente qu’on ne l’imagine, et elle interroge : le coaching peut-il être utile quand le problème n’est pas ce que l’on fait, mais la manière dont on le vit ?

Quand l’appréciation ne suit pas l’action

Faire beaucoup, ressentir peu

Certaines personnes sont très engagées dans ce qu’elles font. Elles donnent de l’énergie, du temps, de l’attention. Pourtant, une fois l’action accomplie, le plaisir ou la reconnaissance intérieure ne viennent pas. À peine un objectif atteint, l’esprit se projette déjà vers le suivant.

Cette difficulté à apprécier n’est pas forcément un manque de gratitude. Elle peut être liée à une manière d’avancer constamment tournée vers l’après.

Une satisfaction toujours conditionnelle

Chez d’autres, l’appréciation dépend de conditions très strictes : ce sera satisfaisant quand ce sera parfait, quand ce sera reconnu, quand ce sera terminé “comme il faut”. Tant que ces critères ne sont pas remplis, rien ne semble mériter d’être apprécié.

Le problème n’est alors pas ce qui est fait, mais le seuil interne à partir duquel on s’autorise à en être content.

Un regard surtout orienté vers ce qui manque

Il est aussi fréquent que l’attention se porte davantage sur ce qui n’est pas encore là : ce qui pourrait être amélioré, ce qui reste à faire, ce qui aurait pu être mieux. Ce regard critique peut être utile pour progresser, mais il devient pesant lorsqu’il empêche toute reconnaissance du chemin parcouru.

Pourquoi est-il si difficile d’apprécier ce que l’on fait déjà ?

Une exigence intérieure élevée

Les personnes qui ont du mal à apprécier leurs réalisations sont souvent très exigeantes avec elles-mêmes. Elles se fixent des standards élevés et s’évaluent en permanence. Cette exigence peut être un moteur puissant, mais elle laisse peu de place à la satisfaction.

Apprécier ce que l’on fait peut alors être vécu comme un relâchement, voire comme une complaisance.

Une habitude de fonctionner “en tension”

Pour certains, l’élan vient de la pression : avancer sous contrainte, se challenger, se dépasser. Lorsque la tension baisse, un sentiment de vide ou d’inconfort peut apparaître. Apprécier devient difficile, car cela suppose de ralentir et de ressentir.

Le coaching s’intéresse à cette relation particulière entre tension, action et valeur personnelle.

Une reconnaissance tournée vers l’extérieur

Quand l’appréciation dépend surtout du regard des autres – validation, résultats visibles, reconnaissance sociale – elle devient instable. Même lorsque les retours sont positifs, ils ne suffisent pas à nourrir une satisfaction durable.

Le manque d’appréciation intérieure peut alors persister malgré des signes extérieurs de réussite.

En quoi le coaching peut-il être pertinent dans cette situation ?

Explorer la relation que l’on entretient avec la satisfaction

Le coaching ne cherche pas à forcer un sentiment de gratitude ou de plaisir. Il propose d’explorer la relation que la personne entretient avec l’appréciation : qu’est-ce que cela signifie pour elle ? À quelles conditions s’y autorise-t-elle ? Qu’est-ce qui l’en empêche ?

Cette exploration permet souvent de mettre en lumière des règles internes implicites, rarement questionnées.

Déplacer le regard sans nier l’exigence

Le coaching ne demande pas d’abandonner l’exigence ou l’envie de progresser. Il aide plutôt à distinguer deux mouvements qui peuvent coexister : reconnaître ce qui est déjà là et continuer à évoluer.

Apprécier ce que l’on fait ne signifie pas s’arrêter, mais changer de posture intérieure.

Revenir à l’expérience vécue, pas seulement au résultat

Beaucoup de personnes évaluent ce qu’elles font uniquement à partir des résultats. Le coaching invite parfois à revenir à l’expérience : comment ai-je vécu ce projet ? Qu’ai-je appris ? Qu’est-ce que cela m’a apporté, indépendamment du résultat final ?

Ce déplacement ouvre souvent un autre espace d’appréciation, plus stable et plus personnel.

Comment se travaille cette difficulté en coaching ?

Mettre des mots sur l’insatisfaction diffuse

Quand on a du mal à apprécier ce que l’on fait, l’insatisfaction est souvent diffuse, difficile à nommer. Le coaching aide à préciser : est-ce de l’ennui, de la lassitude, une perte de sens, une frustration, une fatigue ?

Nommer change déjà la manière de vivre cette insatisfaction.

Identifier les mécanismes qui empêchent l’appréciation

À travers le questionnement, le coaching peut faire émerger des mécanismes récurrents :

  • minimiser ses réussites
  • déplacer sans cesse le curseur
  • se comparer à des idéaux inatteignables
  • conditionner la satisfaction à l’avenir

Les rendre conscients permet de reprendre du choix face à eux.

Expérimenter d’autres façons de reconnaître ce qui est fait

Le coaching propose parfois des expérimentations simples : prendre un temps de bilan, reconnaître un pas franchi, observer ses réactions face à une réussite, sans chercher à les modifier immédiatement.

Ces expériences ne visent pas à créer une émotion particulière, mais à élargir la perception.

Ce que le coaching ne fait pas dans ces situations

Il ne force pas à “positiver”

Un accompagnement sérieux ne pousse pas à voir le positif à tout prix. Il ne nie ni les frustrations ni les insatisfactions légitimes. Apprécier ne veut pas dire se convaincre que tout va bien.

Le coaching respecte la complexité de l’expérience vécue.

Il ne promet pas une satisfaction permanente

Apprendre à apprécier ce que l’on fait ne conduit pas à un état de contentement constant. Il y aura toujours des moments de doute, de lassitude ou d’envie d’autre chose.

Le coaching vise une relation plus juste à ces variations, pas leur disparition.

Les effets possibles avec le temps

Une reconnaissance intérieure plus accessible

Avec le temps, certaines personnes développent une capacité nouvelle à reconnaître ce qu’elles font, sans attendre un événement exceptionnel. Cette reconnaissance est souvent plus calme, moins euphorique, mais plus stable.

Elle ne dépend pas uniquement du regard extérieur.

Une exigence plus ajustée

Le coaching peut aider à transformer une exigence rigide en exigence plus consciente : une exigence au service de la cohérence et du sens, plutôt qu’une pression constante.

Cette transformation libère souvent de l’espace pour apprécier le chemin parcouru.

Un rapport plus apaisé à l’accomplissement

Lorsque l’appréciation devient possible, l’accomplissement n’est plus uniquement une course vers l’après. Il inclut aussi le présent, avec ses imperfections et ses apprentissages.

Ce changement de posture modifie profondément le vécu du quotidien.

Apprécier sans renoncer à évoluer

Avoir du mal à apprécier ce que l’on fait déjà n’est pas un défaut de caractère, ni un manque de gratitude. C’est souvent le signe d’une relation exigeante à soi-même, orientée vers l’effort et le progrès.

Le coaching peut être utile dans cette situation non pour apprendre à “se contenter”, mais pour revisiter la manière dont on reconnaît sa propre expérience. En créant un espace de réflexion, il permet d’explorer ce qui empêche l’appréciation, de respecter l’exigence sans s’y enfermer, et d’ouvrir la possibilité d’une satisfaction plus juste, plus habitée, compatible avec le désir de continuer à avancer.

Laisser un commentaire