Un coach peut-il accompagner quelqu’un qui n’arrive jamais à se reposer vraiment ?

Certaines personnes se reposent sans jamais récupérer. Même lorsqu’elles lèvent le pied, prennent des congés ou s’accordent des pauses, une forme de tension demeure. Le corps est à l’arrêt, mais l’esprit continue de tourner. Le repos semble incomplet, insatisfaisant, parfois même culpabilisant.

Dans ces situations, le coaching peut apparaître comme une piste. Mais peut-il réellement aider quelqu’un qui n’arrive jamais à se reposer vraiment ? Et si oui, comment agit-il concrètement sur ce rapport si particulier au repos ?

Quand le repos ne remplit plus sa fonction

Se reposer sans se sentir reposé

Ne pas réussir à se reposer ne signifie pas forcément manquer de temps libre. Beaucoup de personnes concernées prennent des pauses, dorment, partent en vacances… sans pour autant ressentir un véritable apaisement.

Le repos devient alors une activité parmi d’autres, parfois même une obligation à honorer correctement. L’esprit reste en alerte, préoccupé par ce qui attend, ce qui n’a pas été fait, ou ce qui pourrait mal se passer.

Ce décalage crée souvent de la frustration : « Je fais pourtant ce qu’il faut, mais ça ne fonctionne pas. »

Un état de vigilance devenu permanent

Derrière cette difficulté à se reposer se cache souvent un état de vigilance chronique. Le système intérieur reste mobilisé, même en l’absence de danger immédiat.

Cela peut se traduire par :

  • une difficulté à lâcher prise mentalement,
  • une anticipation constante,
  • un besoin de contrôle élevé,
  • une incapacité à savourer les temps calmes,
  • une sensation d’inutilité ou d’inconfort dès que l’activité ralentit.

Le repos n’est alors plus vécu comme un refuge, mais comme une zone instable.

Pourquoi certaines personnes n’arrivent-elles jamais à se reposer ?

Le repos vécu comme une perte de valeur

Pour certaines personnes, se reposer active une peur diffuse : celle de ne plus être utile, performant ou reconnu. L’identité s’est construite autour de l’action, de l’engagement, de la disponibilité.

Dans ce cadre, ralentir ou ne rien faire peut provoquer un malaise profond. Le repos n’est pas neutre, il devient chargé de significations implicites : paresse, faiblesse, perte de contrôle.

Le coaching permet d’explorer ces associations, souvent inconscientes, sans les juger.

Des exigences internes plus fortes que les contraintes externes

Il arrive que l’environnement permette objectivement de ralentir, mais que la pression principale vienne de l’intérieur. Des standards élevés, une exigence constante ou une difficulté à s’autoriser l’imperfection entretiennent l’agitation.

Même sans contrainte extérieure, la personne se maintient dans une forme de tension active. Le repos devient alors difficile, car il va à l’encontre de ces exigences internes.

En quoi le coaching peut-il être pertinent dans ce contexte ?

Le coaching ne cherche pas à « apprendre à se détendre »

Le coaching ne propose pas de techniques de relaxation ou de recettes pour mieux dormir. Il ne vise pas à forcer le repos ni à corriger un comportement perçu comme défaillant.

Son rôle est différent : comprendre pourquoi le repos ne fonctionne pas, et ce qui empêche réellement la récupération.

Cette approche est souvent plus féconde que la multiplication d’outils ou de méthodes.

Explorer la relation personnelle au repos

Le coaching aide à interroger la place du repos dans la vie de la personne :

  • Qu’est-ce que le repos représente pour vous ?
  • À quels moments devient-il inconfortable ?
  • Que craignez-vous lorsque vous ralentissez vraiment ?
  • Que se passe-t-il intérieurement quand il n’y a plus rien à faire ?

Ces questions permettent de mettre en lumière des mécanismes profonds, souvent invisibles dans le quotidien.

Comment se déroule concrètement l’accompagnement ?

Partir de situations très concrètes

Le coaching s’appuie sur des situations vécues : un week-end qui n’apaise pas, des vacances fatigantes, une soirée calme impossible à apprécier, un besoin constant de remplir le temps.

À partir de ces exemples précis, le coach aide à observer ce qui se joue :

  • pensées récurrentes,
  • tensions corporelles,
  • émotions présentes,
  • impulsions à reprendre une activité.

Ce travail d’observation développe une forme de lucidité qui est déjà apaisante en soi.

Identifier ce que le repos vient menacer

Souvent, le repos n’est pas difficile en lui-même, mais parce qu’il vient menacer quelque chose : une image de soi, un équilibre fragile, une manière de se sentir en sécurité.

Le coaching aide à identifier ces enjeux sans les dramatiser. Comprendre ce que le repos met en jeu permet de réduire la lutte intérieure qui l’accompagne.

Le coaching peut-il aider à retrouver un repos plus profond ?

Redéfinir ce que signifie se reposer

Pour certaines personnes, le repos est associé uniquement à l’arrêt total. Or, ce format peut être trop abrupt. Le coaching permet d’explorer d’autres formes de repos, plus progressives ou plus compatibles avec le fonctionnement de la personne.

Se reposer peut aussi signifier :

  • réduire la charge mentale,
  • faire moins mais avec plus de présence,
  • s’autoriser des moments sans enjeu,
  • ralentir certaines décisions.

Le repos devient alors un ajustement, pas une rupture.

Installer une récupération plus durable

Le coaching ne vise pas à créer des moments de repos parfaits, mais à restaurer une capacité à récupérer dans la durée. Cela passe souvent par des micro-ajustements répétés plutôt que par de grands changements.

En modifiant la relation au temps, à l’efficacité et à l’autorisation personnelle, la récupération devient plus accessible.

Les limites à respecter

Le coaching ne remplace pas un accompagnement thérapeutique

Lorsque l’impossibilité de se reposer s’accompagne d’une souffrance psychique intense, de troubles du sommeil sévères ou d’un épuisement profond, le coaching peut être insuffisant ou inadapté.

Dans ces situations, un accompagnement médical ou thérapeutique reste prioritaire. Un coach responsable sait reconnaître ces limites.

Le coaching ne force pas le repos

Le coaching n’impose pas de ralentir. Il n’oblige pas à se reposer davantage. Il éclaire simplement les mécanismes en jeu, afin que la personne puisse faire des choix plus conscients.

C’est cette absence d’injonction qui rend le processus souvent plus efficace.

Quand le repos redevient possible

Pour les personnes qui n’arrivent jamais à se reposer vraiment, le coaching peut offrir un espace rare : celui où l’on n’a rien à prouver, rien à réussir, rien à optimiser. Un espace où le repos n’est pas un objectif à atteindre, mais une conséquence possible d’une relation plus apaisée à soi-même.

En comprenant pourquoi le repos était si difficile, la personne retrouve peu à peu la capacité de se déposer. Non pas en forçant le calme, mais en cessant de lutter contre lui. C’est souvent à cet endroit que le repos redevient réel, et surtout, réparateur.

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